ARCHITECTURE

Modern Data Stack : de quoi parle-t-on ?

Marie de Vesvrotte
Responsable Marketing
9/7/2024
Sommaire

Et si vous pouviez construire une architecture “à la carte”, en fonction de vos besoins spécifiques en matière de gestion des données ? 

C’est le principe de la Modern Data Stack : permettre à chaque entreprise de construire sa propre solution, tout en mettant l’accent sur la scalabilité, la flexibilité et l’adaptabilité.

Qu’est-ce qu’une Modern Data Stack ? 

La Modern Data Stack est un ensemble d'outils et de technologies conçus pour gérer, analyser et exploiter les données, le tout hébergé dans le cloud. 

Les outils de la Modern Data Stack sont regroupés en plusieurs catégories, correspondant à chaque aspect de la gestion des données (ingestion, stockage, transformation et visualisation). 

Chaque outil peut fonctionner de manière indépendante ou interagir avec les autres pour communiquer et échanger des données, offrant ainsi une flexibilité et une intégration optimales.

Cette nouvelle approche démocratise l'utilisation des données. Autrefois réservée à l'IT, elle est désormais accessible et facilitée pour les métiers.

Architecture d’une Modern Data Stack  

Modern Data Stack Architecture

Chaque brique de la Modern Data Stack remplit une fonction spécifique allant de l’ingestion des données à leur transformation et visualisation. 

Ingestion des données 

Cette brique se charge de collecter les données provenant de diverses sources, telles que les bases de données, les applications SaaS, les fichiers CSV, et les API. Elle assure que les données sont importées de manière fiable et en temps opportun.

Les outils de type ELT (Extract, Load, Transform) permettent de récupérer les données depuis les sources et de les stocker dans un entrepôt de données. 

Ce type de processus offre plusieurs avantages : 

  • Conserver l'historique des données, 
  • Combiner les données dans une vue unifiée, 
  • Assurer une intégrité et une qualité optimales des données.

Pour cette partie, nous conseillons d'utiliser des solutions éprouvées et robustes telles que Fivetran, Stitch ou Apache Nifi, qui offrent des fonctionnalités avancées pour gérer l'ingestion des données de manière fluide et sécurisée, réduisant le besoin en expertise technique. 

Stockage des données

Data Warehouse, Data Lake, Lakehouse… : la liste de solutions de stockage de données est large et répond à différents besoins. 

Alors que le Data Warehouse sera adapté à des données structurées, le Data Lake est plus adapté à des volumes massifs de données semi-structurées et non structurées. Quant au Lakehouse, il combine les avantages des deux solutions précédentes en offrant une architecture hybride qui permet de gérer et d'analyser des données structurées, semi-structurées et non structurées au sein d'une même plateforme.  

Transformation des données 

Lorsque les données brutes sont consolidées et hébergées, l’étape de transformation s’assure qu’elles soient prêtes à être utilisées à des fins d’analyse. 

L’utilisation d’outils comme DBT (Data Build Tool) permet de nettoyer, enrichir et structurer les données de manière efficace en utilisant uniquement le langage SQL. 

Activation de la donnée

Initialement, l’utilisation des données se limitait principalement à la visualisation, permettant aux utilisateurs de voir et d'interpréter les données à travers des graphiques et des tableaux de bord. 

Désormais, le périmètre s'est considérablement élargi pour inclure l'exploration des données. Cette évolution permet aux utilisateurs non seulement de visualiser les données, mais aussi de les interroger, d'effectuer des analyses ad-hoc et de découvrir de nouveaux insights.

Orchestration et automatisation  

Pour assurer que les flux de données se déroulent sans interruption, des outils d'orchestration sont utilisés pour automatiser les workflows et garantir l'intégrité des processus de bout en bout. 

Ces outils permettent de coordonner diverses tâches liées au traitement des données, telles que l'ingestion, la transformation, le stockage et la distribution, en veillant à ce qu'elles soient exécutées dans le bon ordre et au bon moment.

Les outils d'orchestration, tels que Apache Airflow, Prefect ou Dagster, offrent des fonctionnalités avancées pour planifier, surveiller et gérer les workflows de données. Ils permettent également d'automatiser les tâches répétitives, de gérer les échecs et de relancer automatiquement les processus en cas de problème, garantissant ainsi la continuité des opérations.

Pour vous aider à y voir plus clair dans la panoplie d’outils qui existe pour créer votre Modern Data Stack, voici une représentation visuelle de Data Stacks : 

Outils Modern Data Stack

Pourquoi est-elle “Moderne” ? 

L'origine de la Modern Data Stack est liée à l'émergence des solutions Cloud Data Warehouse, qui permettent de combiner les avantages du Data Lake et du Data Warehouse tant en termes d'architecture que d'usages. 

Par ailleurs, l'une des principales caractéristiques qui rendent cette approche moderne est l'évolution de l'intégration des données. Traditionnellement, l'approche ETL (Extract, Transform, Load) était utilisée, où l'ingestion et la transformation des données étaient couplées. Dans la Modern Data Stack, on passe à une approche ELT (Extract, Load, Transform), où l'ingestion et la transformation des données sont dissociées et peuvent être réalisées à des moments différents. Cela permet aux métiers d'être plus autonomes et de prendre une place plus importante dans la chaîne de gestion des données. Les métiers se concentrent sur la transformation et la valorisation des données, tandis que les profils techniques se chargent de l'architecture et de l'ingestion.

Enfin, contrairement aux solutions traditionnelles nécessitant souvent des infrastructures sur site coûteuses et difficiles à gérer, la Modern Data Stack tire parti des services cloud. Cela offre une scalabilité presque infinie, une maintenance simplifiée et des coûts opérationnels réduits. 

À qui s’adresse la Modern Data Stack ? 

Toute entreprise, quelle que soit sa taille, peut utiliser la Modern Data Stack pour construire une infrastructure de données adaptée à ses besoins. 

Contrairement à une Data Stack traditionnelle, la Modern Data Stack est accessible aux métiers. En utilisant des outils tels que les Data Warehouses Cloud, les plateformes d'intégration low-code et les outils de visualisation en libre-service, les utilisateurs métiers peuvent prendre la main plus haut dans la chaîne de gestion des données. Cela réduit la dépendance aux équipes techniques et accélère les cycles de prise de décision, tout en assurant une gestion efficace et centralisée des données.

Là où autrefois seules les grandes entreprises pouvaient investir dans ces technologies, il est maintenant possible d'en bénéficier pour un coût modeste de quelques dizaines d'euros par mois. 

Avantage d’une Modern Data Stack par rapport à une Data Stack traditionnelle ? 

Limpida vous propose un tableau récapitulatif des différences entre une Modern Data Stack et une Data Stack traditionnelle :

Critère Modern Data Stack (MDS) Data Stack traditionnelle
Accessibilité Accessible aux utilisateurs métiers, interfaces intuitives Nécessite des compétences techniques, interfaces complexes
Agilité et flexibilité Scalabilité facile, intégration simple entre les outils Scalabilité limitée, intégrations complexes
Coûts Réduction des coûts d'infrastructure, tarification à l'usage Coûts élevés d'infrastructure, investissements initiaux importants
Vitesse de déploiement Déploiement rapide, mises à jour continues Temps de déploiement long, mises à jour moins fréquentes
Collaboration Partage et collaboration facilités, accès aux données en temps réel Collaboration limitée, accès aux données souvent différé
Sécurité et conformité Fonctionnalités de sécurité intégrées, gestion fine des accès Sécurité et conformité à mettre en place manuellement
Maintenance Maintenance gérée par le fournisseur de services, moins de ressources IT internes nécessaires Maintenance à la charge de l'entreprise, ressources IT internes nécessaires

Ce tableau met en évidence que la Modern Data Stack offre des avantages significatifs en termes de flexibilité, de coûts, de rapidité de déploiement, de collaboration et de gestion de la sécurité.

Modern Data Stack vs Modern Data Platform 

La Modern Data Stack est un ensemble de plusieurs outils spécialisés intégrés pour chaque étape du cycle de vie des données, tandis que la Modern Data Platform est une solution unifiée tout-en-un qui gère l'ensemble du cycle de vie des données au sein d'une seule plateforme.

  • Flexibilité vs. Simplicité : la Modern Data Stack offre plus de flexibilité avec la possibilité de choisir et de remplacer des outils individuels. En revanche, la Modern Data Platform offre une solution plus simple et intégrée, réduisant le besoin de gestion complexe des outils.
  • Meilleurs outils spécialisés vs. Solution unifiée : la Modern Data Stack permet d'utiliser les meilleurs outils disponibles pour chaque tâche spécifique, tandis que la Modern Data Platform fournit une solution unifiée qui peut être plus facile à gérer.
  • Complexité de l'intégration vs. Gestion centralisée : la Modern Data Stack peut nécessiter des efforts d'intégration supplémentaires pour s'assurer que tous les composants fonctionnent ensemble de manière transparente. La Modern Data Platform offre une gestion centralisée des données, simplifiant les opérations et réduisant les problèmes d'intégration.
FAQ

Les questions fréquentes

Qu'est-ce que la Modern Data Stack ? +

La Modern Data Stack (MDS) est une approche contemporaine de l'architecture data qui repose sur une combinaison d'outils cloud natifs, modulaires et interopérables. Elle est conçue pour optimiser l'ingestion, le traitement, l'analyse et l'activation des données, en remplacement des architectures monolithiques traditionnelles.

  • Architecture modulaire et cloud-native, où chaque brique peut être remplacée indépendamment.
  • Outils spécialisés pour chaque maillon de la chaîne data, connectés via des API ou connecteurs standardisés.
  • Accessible aux métiers, pas réservée aux équipes IT comme les Data Stacks traditionnelles.
  • Permet d'accélérer la prise de décision en rendant la donnée disponible, compréhensible et exploitable par tous.
Quels sont les composants d'une Modern Data Stack ? +

Une Modern Data Stack s'organise autour de quatre grandes briques fonctionnelles qui couvrent le cycle de vie complet de la donnée, de sa collecte à sa restitution. Chaque brique joue un rôle précis et peut être assurée par différents outils selon les besoins.

  • Ingestion : collecte des données depuis les sources (CRM, ERP, fichiers, API, applications SaaS).
  • Stockage : centralisation dans un Data Warehouse cloud (Snowflake, BigQuery, Redshift) ou un Lakehouse.
  • Transformation : nettoyage et structuration des données via une approche ELT, généralement en SQL.
  • Visualisation : restitution via des outils de Business Intelligence (Power BI, Tableau, Looker).
  • Briques avancées optionnelles : gouvernance, observabilité, reverse ETL, catalogue de données.
Quelle est la différence entre une Modern Data Stack et une Data Stack traditionnelle ? +

La Modern Data Stack se distingue par sa flexibilité, son découplage des composants et son orientation cloud. Là où une Data Stack traditionnelle est monolithique et réservée à l'IT, la MDS démocratise l'accès à la donnée pour les métiers.

  • Architecture : modulaire et composable pour la MDS, monolithique et rigide pour la traditionnelle.
  • Déploiement : cloud-native et rapide pour la MDS, on-premise et lourd pour la traditionnelle.
  • Approche d'intégration : ELT pour la MDS, ETL pour la traditionnelle.
  • Coûts : à l'usage et abordable (quelques dizaines d'euros par mois) pour la MDS, investissement lourd pour la traditionnelle.
  • Utilisateurs : accessible aux métiers pour la MDS, réservée à l'IT pour la traditionnelle.
  • Collaboration : profils data engineer, analyste et métier travaillent ensemble sur la MDS.
Pourquoi parle-t-on d'ELT plutôt que d'ETL dans une Modern Data Stack ? +

L'évolution de l'ETL vers l'ELT est une caractéristique structurante de la Modern Data Stack. Dans une Data Stack traditionnelle, l'ingestion et la transformation étaient couplées avec l'approche ETL (Extract, Transform, Load). La MDS dissocie les deux opérations.

  • ELT (Extract, Load, Transform) : les données sont d'abord stockées brutes, puis transformées à la demande.
  • Avantage 1 : les métiers peuvent intervenir directement sur la transformation, en autonomie.
  • Avantage 2 : la traçabilité est préservée, les données brutes restent disponibles pour de nouveaux cas d'usage.
  • Avantage 3 : la flexibilité augmente, on peut reprendre une transformation sans réingérer les données.
  • L'outil de référence pour la transformation ELT est dbt (Data Build Tool), qui s'appuie sur SQL dans l'entrepôt.
Quels sont les avantages d'une Modern Data Stack ? +

La Modern Data Stack apporte des bénéfices à la fois techniques, organisationnels et économiques. Elle permet de fiabiliser la donnée, de réduire les tâches manuelles, d'accélérer la prise de décision et de préparer les fondations pour l'IA et l'analyse avancée.

  • Scalabilité native grâce aux architectures cloud, sans réécriture lors de la montée en charge.
  • Time-to-insight réduit : cycles d'implémentation plus courts, itérations plus rapides.
  • Modularité : chaque composant évolue indépendamment, sans tout reconstruire.
  • Accessibilité métier : les utilisateurs non-techniques manipulent les données via des outils dédiés.
  • Moins de dépendance IT : les équipes data travaillent en autonomie.
  • Transparence et traçabilité industrialisées via dbt et les outils d'observabilité.
  • Coûts maîtrisés grâce au modèle pay-as-you-go du cloud.
Quels sont les outils de référence dans une Modern Data Stack ? +

Le marché propose plusieurs outils de référence par brique fonctionnelle. Le choix dépend de l'écosystème cloud déjà en place, du budget et du niveau de maîtrise technique de l'équipe.

  • Ingestion : Fivetran (premium SaaS), Airbyte (open source flexible), Stitch, Meltano.
  • Stockage : Snowflake (multi-cloud), Google BigQuery (serverless), Amazon Redshift (AWS), Databricks Lakehouse.
  • Transformation : dbt (Data Build Tool) comme outil phare pour les transformations SQL versionnées.
  • Visualisation : Power BI (Microsoft), Tableau (Salesforce), Looker (Google), Looker Studio gratuit.
  • Activation (reverse ETL) : Hightouch, Census pour renvoyer les données vers les outils métiers.
  • Gouvernance : Collibra, Alation pour le catalogue et la conformité.
Comment mettre en place une Modern Data Stack ? +

La création d'une Modern Data Stack est un processus itératif guidé par les besoins métiers, pas par la technologie. Concevoir une architecture sans définir les objectifs métiers au préalable mène à des dérives, à du shadow IT et à des stacks plus complexes que nécessaire.

  • Commencer par un cas d'usage métier concret pour démontrer rapidement la valeur.
  • Évaluer la maturité interne (compétences, qualité des données, culture de la mesure).
  • Construire une stack minimale viable : ingestion + stockage + BI suffisent pour démarrer.
  • Itérer brique par brique en ajoutant des composants quand les usages le justifient.
  • Privilégier les outils interopérables et les communautés actives pour l'évolutivité.
  • Cibler des domaines métiers spécifiques (commercial, marketing, finance) pour des quick wins.
Quels sont les pièges à éviter dans une Modern Data Stack ? +

La modularité de la Modern Data Stack est sa force mais aussi sa faiblesse si elle n'est pas maîtrisée. Plusieurs symptômes indiquent qu'une architecture atteint ses limites ou a été mal pensée dès le départ.

  • Tableaux de bord incohérents entre départements : signe d'absence de source unique de vérité.
  • Analystes qui passent leur temps à manipuler plutôt qu'à analyser : flux non automatisés.
  • Coûts cloud qui s'emballent : Snowflake ou BigQuery mal optimisés peuvent surprendre.
  • Multiplication d'outils en silos sans intégration : perte du bénéfice de modularité.
  • Conception centrée technologie au lieu des cas d'usage métier : risque de shadow IT.
  • Vouloir tout déployer d'un coup au lieu d'itérer par briques.